La nature même d’un parquet à pose flottante entraîne une certaine souplesse ainsi que de légers grincements perçus à la marche, qui ne sont pas forcément révélateurs d’une mauvaise pose.
Le NF DTU 51.11 "Parquets flottants" définit les prescriptions de mise en œuvre de parquets contrecollés flottants, sur support avec interposition de sous-couche. Il vise la préparation du support ainsi que la mise en œuvre des parquets contrecollés.
Il s’applique :
– aux locaux à usage domestique résidentiel, public ou commercial, à sollicitation faible et moyenne ;
– Aux travaux neufs et de rénovation sur les supports définis dans le NF DTU 51.11 ;
– Aux parquets contrecollés livrés à l’état brut ou comportant une finition appliquée en usine ;
– À toutes les zones climatiques françaises.
Le NF DTU 51.11 ne traite pas de la mise en œuvre :
– flottante des parquets massifs ;
– De parquets contrecollés :
La version en vigueur de ce NF DTU, à la publication de cette fiche, est celle de mai 2024.
Les exigences que doivent respecter l’ensemble des composants nécessaires à la mise en œuvre des parquets flottants (parquet, revêtement bois, colle de liaison entre lames ou panneaux, clips de liaison, sable, mortier, enduit, sous-couche, vernis de finition, plinthes, barres de seuil, etc.) sont données dans la partie 1-2 "Cahier des critères généraux de choix des matériaux" du NF DTU 51.11.
Pour la bonne exécution des travaux, les conditions préalables suivantes doivent être remplies :
– le stockage des lames de parquet doit être réalisé à l’abri des intempéries et des remontées d’humidité, dans des locaux clos, couverts, hors d’eau, hors d’air, sécurisés, propres, secs et ventilés, non sujets aux condensations de vapeur d’eau et chauffés impérativement en saison froide ;
– Le gros œuvre, les enduits et les raccords doivent être suffisamment secs (taux d’humidité inférieur ou égal à 5 %) ;
– La mise en œuvre du carrelage et des revêtements durs scellés ou collés doit être finalisée ;
– Les vitrages des pièces à parqueter doivent être posés ;
– L’étanchéité des installations sanitaires et de chauffage doit avoir été vérifiée ;
– Une température ambiante supérieure ou égale à 15 °C doit être maintenue dans le local à parqueter, ainsi que la ventilation ;
– Tous les travaux de peinture et de nettoyage doivent être finalisés, exception faite de ceux concernant les plinthes.
Les supports aptes à recevoir un parquet sont notamment :
– les supports à base de liants hydrauliques ou de sulfate de calcium :
– Les planchers collaborants ;
– Les sols chauffants hydrauliques ;
– Les sols chauffants électriques ;
– Les planchers en bois ou panneaux à base de bois ;
– Les planchers de doublage ;
– Les chapes sèches ;
– Les supports soumis aux reprises ou remontées d’humidité.
Avant de commencer les travaux, l’entreprise doit vérifier la conformité des tolérances du support considéré, en particulier celles de planéité et d’humidité. En outre, le support doit être plan (tolérance de 5 mm sous une règle de 2 m et 1 mm sous le réglet de 20 cm), propre et sain. La mesure (en valeur absolue) du taux d’humidité pour les supports à base de liants hydrauliques et pour les sulfates de calcium ne doit pas dépasser respectivement 3 % et 0,5 % d’humidité (mesure réalisée à l’aide de la bombe au carbure).
Dans le cas de supports à base de liants hydrauliques ou de supports minéraux ou dans le cas de l’utilisation d’un plancher chauffant, un film pare-vapeur doit être mis en œuvre.
Avant exécution de la mise en œuvre des parquets flottants, un enduit de ragréage, de lissage ou de dressage pourra être réalisé afin d’atteindre les exigences de planéité et de niveaux avec d’autres revêtements. Dans le cas d’une pose sur chape de sulfate de calcium, l’entreprise pourra décider de réaliser un ponçage fin mécanisé dans le but d’obtenir un aspect lisse sans désaffleurement ni aspérités.
Dans le cas d’une rénovation sur un revêtement de sol existant, une étude préalable de reconnaissance du sol devra être réalisée pour chaque pièce à traiter.
En cas de support à base de liant hydraulique ou sujet à des remontées d’humidité, une sous-couche destinée à limiter les échanges d’humidité peut être prévue. Elle pourra être constituée de films de polyéthylène ou feutres bitumés imprégnés ou surfacés.
En complément, une sous-couche de désolidarisation ou acoustique, sous forme de panneau, dalle ou en rouleau, peut être mise en œuvre.
Il existe également des sous-couches permettant de combiner les deux fonctions supra.
En règle générale, les lames de parquets contrecollées sont mises en œuvre à l’anglaise à coupe perdue. Sauf dispositions contraires prescrites dans les documents particuliers du marché, les dalles à motifs doivent être posées parallèlement à un mur, la longueur des lames, les travées de bâtons rompus et celles de point de Hongrie doivent être perpendiculaires à la façade éclairée.
Si aucune dimension n’est supérieure à 8 m, l’orientation est libre et peut se faire en fonction de la lumière ou de l’esthétique recherchée. Si une des dimensions est supérieure à 8 m, la mise en œuvre est réalisée soit avec des lames parallèles à la plus grande longueur, soit avec des lames perpendiculaires à la plus grande longueur (esthétisme) en plaçant un jeu de fractionnement pour réduire chaque largeur à moins de 8 m. Ce jeu de fractionnement doit être réalisé si les deux dimensions sont supérieures à 8 m.
Les éléments de parquet sont mis en œuvre sans aucun contact avec quelconque obstacle (parois verticales, maçonneries, plinthes, pieds d’huisserie, autres revêtements de sol, escalier, etc.) afin de ne pas empêcher la dilatation du parquet. Pour ce faire, un espacement minimal de 0,15 % de chacune des plus grandes dimensions à couvrir par le parquet sera respecté, avec un minimum de 8 mm.
L’assemblage des lames et dalles entre elles est réalisé :
– par collage en rainure et languette ou par assemblage par verrouillage ;
– De manière jointive sur les côtés, les rives et bouts ;
– À joints en bout de lames décalés, d’une rangée à l’autre, d’au moins deux fois la largeur de la lame dans le cas de la mise en œuvre à l’anglaise.
L’entreprise doit informer le maître d’ouvrage des conditions de température et d’hygrométrie à maintenir jusqu’à réception, pour éviter tout désordre.
La condition de durabilité n’est pleinement satisfaite que si :
– les parquets flottants reçoivent un entretien approprié ;
– Leur usage est normal en fonction de la destination pour laquelle ils ont été réalisés.
Les principales tolérances que doivent respecter les parquets flottants sont données dans le tableau ci-dessous :
Type de tolérance | Valeur à respecter |
Planéité sous la règle de 2 m | ≤ 5 mm |
Planéité sous le réglet de 20 cm | ≤ 1 mm |
Désaffleurement entre lames ou panneaux continus | ≤ 0,2 mm |
Tuilage des lames | ≤ 0,5 % de la largeur des lames avec un maximum de 0,5 mm |
Joints entre éléments assemblés | < 1 mm |
N.B. : Cette fiche rapporte l’essentiel du NF DTU 51.11. Elle ne se substitue en aucun cas à ce document normatif. Pour tout complément souhaité sur ce type de mise en œuvre, consultez le NF DTU disponible auprès de l’AFNOR ou du CSTB.