Les résultats au premier semestre "ne sont pas représentatifs des résultats annuels, du fait principalement de la saisonnalité des activités de Colas" (routes et travaux publics), souligne le groupe Bouygues, qui évoque aussi sur ces six mois le coût d'un plan d'intéressement pour sa filiale Equans (acheté à Engie en 2022) et des mesures de réorganisation de sa filiale Immobilier, confrontée à la crise du secteur.
Toutefois, le mastodonte français multi-activités annonce un chiffre d'affaires à 26,5 milliards d'euros, en hausse de 1 %, une hausse principalement portée par Bouygues Construction, forte d'un solide carnet de commandes, et par Equans. "Dans un environnement économique et géopolitique incertain, et après une année de forte croissance", Bouygues vise pour 2024 un chiffre d'affaires et un résultat opérationnel courant des activités "en légère croissance par rapport à 2023".
Pour le groupe Bouygues, la hausse de l'activité est donc portée d'abord par :
– la construction, avec Bouygues Construction, Bouygues Immobilier et Colas ;
– Et par Equans, positionné sur le marché dynamique et porteur des services de la transition énergétique.
Fin juin, le carnet de commandes de la construction atteignait 31 milliards d'euros, en progression de 1 %, offrant "de la visibilité sur l'activité future". Parmi les nouveaux projets du groupe, on trouve la ligne 15 Est-2 du Grand Paris (pour environ 570 millions d'euros).
Toutefois, Bouygues Immobilier, qui représente environ 3 % de l'activité, a annoncé en avril la suppression de 225 postes, privilégiant les départs volontaires et le reclassement interne.
Equans, acheté à Engie en 2022, a lui enregistré 10,2 milliards d'euros de prises de commandes, en France et dans les secteurs suivants : marine, nucléaire et bâtiment. À l'international, ce sont surtout des commandes pour des projets de centres de données ou de parcs photovoltaïques.
Interrogé par des journalistes sur les incertitudes liées à l'élection américaine ou au contexte politique et budgétaire en France, Olivier Roussat, ici en photo, le directeur général de Bouygues, n'a pas évoqué de craintes spécifiques. "Quand on dit incertain, c'est le fait que, quand vous faites le bilan des quatre ans passés, le Covid, la guerre en Ukraine qui a entraîné une augmentation de l'inflation hallucinante, les taux d'intérêt qui ont explosé... On peut dire que le monde est devenu un peu incertain. Mais on s'adapte, l'empreinte du groupe est mondiale et donc on absorbe les sujets, on reste serein". © Bouygues
Olivier Roussat précise qu'aux États-Unis, "le secteur industriel est plutôt assez porteur, le territoire est immense, on est assez confiant". Pour ce qui est de la France, son analyse est la suivante : "on a un sujet sur l'immobilier dont on ne connaît pas la date de reprise. [...] La question qu'on aura c'est : aura-t-on un gouvernement qui prendra des mesures de relance de l'immobilier ? Et, en l'occurrence, je ne sais pas si ça c'est de droite ou de gauche". Et Olivier Roussat d'ajouter qu'en attendant, Bouygues a "adapté (ses) structures pour être capable de passer cette période".
Sur les autres activités, Bouygues Telecom, qui a vu son chiffre d'affaires baisser de 1 % (à 3,78 milliards), constate une bonne dynamique dans le téléphone fixe, mais un contexte de marché très concurrentiel dans le mobile. Quant à TF1, son revenu s'établit à 1,1 milliard d'euros, soit + 6 %, avec des gains publicitaires en hausse, notamment via la plateforme TF1+.