Distribution : ces coopératives ne connaissent pas la crise !

Distribution : ces coopératives ne connaissent pas la crise !

Alors que le négoce traditionnel peine à renouer avec la croissance*, les coopératives d’achats de l’Orcab tirent leur épingle du jeu. Explications.




 

L’Orcab, basée à Rocheservière en Vendée, regroupe aujourd’hui près de 50 coopératives stockistes en matériel du bâtiment sur toute la France, notamment dans l’Ouest, dans les domaines suivants : gros œuvre et carrelage ; plomberie, chauffage, sanitaire et l’électricité ; bois et dérivés. Et son ascension est fulgurante ces dernières années. Depuis 1995, le nombre de coopératives a été multiplié par 3, le nombre des adhérents par 4 et le chiffre d’affaires par 7, avec un total de 640 millions d’euros en 2010. Une belle croissance mais des volumes encore loin du négoce traditionnel**, même si, dans le secteur bois et dérivés, elle figure à la 9eme place des distributeurs.

 

Entraide et échange

 

« Mutualiser les moyens pour développer son entreprise », tel est l’esprit de ces coopératives. « On a des prédispositions pour être coopérateur, notamment des valeurs de partage où la réussite du groupe compte autant que la réussite personnelle », témoigne Denis Schoumacher, directeur général de l’Orcab. Ce qui n’empêche pas certains coopérateurs de continuer de travailler avec le négoce. « Mais nous leur demandons d’effectuer au moins 51 % des achats à la coopérative », précise le directeur général. L’entraide et l’échange sont des notions chères au milieu. « Les artisans échangent entre eux, sur leurs chantiers, leurs prévisions, sur l’utilisation des produits. C’est de l’émulation positive. Ils se considèrent plus comme des collègues que comme des concurrents. »

 

Principe d’égalité

 

Pour y entrer, l’artisan acquiert une part sociale et devient membre de la coopérative. La gestion est démocratique et fondée sur un principe d’égalité : « Un associé égale une voix, quels que soient la date d’entrée, le capital détenu et le montant des opérations réalisées. » Quant aux résultats, ils sont soit distribués aux coopérateurs et/ou réinvestis et/ou laissés à la coopérative pour renforcer ses fonds propres.

 

Gain de temps

 

Selon un audit réalisé par le cabinet KPMG en novembre 2010 pour la Forcab (Fédération pour l’organisation et le regroupement des coopératives d’achats des artisans du bâtiment), un artisan sur quatre est devenu coopérateur suite à la reprise d’une entreprise déjà adhérente. En tête des motivations principales pour adhérer, la qualité du service (27 %), puis la proximité géographique, l’esprit coopérateur, la convivialité, etc. Le même audit indique par ailleurs que 8 personnes interrogées sur 10 considèrent que l’adhésion à une coopérative leur a permis de gagner du temps, un gain moyen estimé à 6 h par semaine.

 

Aide à la vente

 

Parmi les services offerts, de beaux showrooms à disposition des artisans et de leurs clients, 30 au total pour l’Orcab. « Inviter les clients dans la salle d’exposition, c’est aussi un moyen pour les artisans de vendre des plus-values. Cela leur permet d’élargir leur panel de propositions », poursuit Denis Schoumacher.

 

Stockage

 

La capacité de stockage des coopératives est un argument non négligeable. Deux fois par semaine, les coopérateurs ont la possibilité d’être livré directement chez eux. Financièrement, cela présente l’avantage « d’alléger les trésoreries des entreprises ».

 

Formation

 

Afin d’être à la pointe des dernières technicités, les coopératives organisent chaque semaine des formations sur de nouveaux produits. Elles font aussi bénéficier aux coopérateurs de tarifs négociés pour différents outils, dans les domaines de l’informatique, de l’assurance, de la téléphonie…

 

Moins de marge

 

Et les prix dans tout ça ? « Nous essayons d’obtenir un prix juste et le tarif est unique pour tous. Je ne sais pas si nous achetons mieux que les négociants traditionnels, mais nous vendons mieux car nous n’avons pas d’actionnaire à rémunérer », confie Denis Schoumacher.

 

Développement

 

« Pour devenir demain des acteurs incontournables sur le marché, nous devrons doubler notre chiffre d’affaires et le nombre de nos coopératives », conclut-il. En 2011, l’Orcab projette d’ouvrir des coopératives dans le Nord-Pas de Calais. Elle souhaite aussi se développer davantage en Rhône-Alpes… Cette aventure d’hommes regroupés autour de valeurs communes semble avoir encore de beaux jours devant elle !

 

Source : batirama.com / Delphine Després

 

* En référence à l’indice conjoncturel Négoscope  qui avance  - 2,1 % de chiffre d’affaires à juillet 2010 (versus 2009) pour l’ensemble des réseaux de distribution du bâtiment. Le même indicateur anonçait un CA à -11% en 2009 (versus 2008).

** En 2008, la FNBM (Fédération du négoce de bois et des matériaux de construction) annonçait un chiffre d’affaires de 18 milliards d’euros pour l’ensemble de la profession, et la FNAS (Fédération française des négociants en appareils sanitaires, chauffage, climatisation et canalisations) 7 milliards d’euros en 2010 (- 3 % par rapport à 2009).

 

Loi et fiscalité

Les règles spécifiques des coopératives artisanales sont définies par la loi du 20 juillet 1983, relative au développement de certaines activités d’économie sociale. Lorsque les coopératives fonctionnent conformément à ces dispositions, elles sont exonérées de certaines charges fiscales prévues par le Code général des impôts, comme l’impôt sur les sociétés ou la nouvelle contribution économique territoriale. Aussi, elles doivent respecter un certain nombre de règles.Ces avantages fiscaux font l’objet d’une attention particulière au sein de la Fédération du négoce de bois et des matériaux de construction (FNBM). « Les coopératives sont tenues de travailler pour leurs adhérents, souligne Géraud Spire, président de la FNBM. Et nous souhaitons nous assurer que le groupement des coopératives se consacre uniquement à ses adhérents et qu’il ne déborde pas de ce cadre. La coopérative est une nouvelle forme de distribution qui s’installe sur le marché et la concurrence doit être loyale. »

 

 

L’Orcab en chiffres

  • 640 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2010 (+9% versus 2009)
  • 47 coopératives stockistes en matériel du bâtiment, réparties sur 13 régions ;
  • 61 points de distribution réservés exclusivement aux professionnels artisans ;
  • 30 salles d’exposition de produits ;
  • 1 500 salariés sur l’ensemble des coopératives ;
  • 18 millions d’investissements pour l’ensemble des coopératives au cours de l’année 2010 ;
  • 5 650 entreprises artisanales du bâtiment adhérentes, (5 salariés par entreprise en moyenne)
  • 25 000 salariés chez les adhérents.

 

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