Selon le projet de loi de finances présenté jeudi, la subvention versée par l'État pour financer MaPrimerénov', principale aide publique à la rénovation énergétique des logements, s'élèvera à 2,3 milliards d'euros en 2025, contre 4 milliards annoncés pour 2024. Avec un budget quasiment diminué de moitié, nous voici désormais plus proches du coup de massue que du coup de rabot.
Selon l'Anah, l'Agence nationale de l'habitat, ce bugdet annoncé à 2,3 milliards constitue un retour au budget accordé en 2023, dans un contexte où le nombre de logements rénovés avait diminué de 7 % cette année-là.
Les autorisations d'engagement dédiés à l'hébergement d'urgence restent stables, à 2,9 milliards d'euros, tandis que le ministère annonce la préservation des 203 000 places d'hébergement d'urgence, un niveau considéré comme historiquement élevé.
Par contre, aucune trace des 120 millions d'euros promis en janvier par l'ex-ministre délégué au Logement Patrice Vergriete afin de renforcer le système d'hébergement d'urgence.
Interrogé par l'AFP, Manuel Domergue, le directeur des études à la Fondation Abbé Pierre, a déploré la stabilité du budget dédié à l'hébergement dans un contexte inflationniste, craignant une "dégradation des services et des prestations d'accompagnement". Dans la foulée, il a aussi regretté le changement de règles d'attribution du "chèque énergie" pour les 5,5 millions de ménages qui en bénéficient, prédisant "un taux de non recours de 50 %, voire plus, à l'heure où la précarité énergétique augmente".
En recherche, les crédits alloués aux programmes de la politique de la ville prennent également une claque, passant de 639 millions en 2024 à 549 en 2025, soit une baisse de 14 %.
Seule bonne nouvelle, en matière fiscale, le PTZ (Prêt à Taux Zéro) sera étendu "sur tout le territoire pour les primo-accédants" afin de faciliter l'accession à la propriété, tel que l'avait annoncé le Premier ministre Michel Barnier lors de son discours de politique générale. Les modalités n'ont pas été précisées, notamment l'éligibilité ou non des maisons neuves, jusqu'ici exclues. Toutefois, selon des éléments fournis à la presse, ce budget "élaboré dans un cadre contraint" a "vocation à être amélioré lors de la discussion parlementaire pour tenir compte des annonces du Premier ministre lors de son discours de politique générale".
Emmanuelle Cosse, la présidente de l'USH (Union Sociale de l'Habitat), qui représente les bailleurs sociaux, s'est clairement exprimée sur le sujet : "Il n'y a aucune mesure à la hauteur de la crise du logement", précisant que sur "la rénovation énergétique des logements sociaux, l'aide passe de 1,2 milliard sur 3 ans à 350 millions en 2 ans, c'est un projet de loi de finances qui ne peut pas rester en l'État".
L'USH regrette également le maintien de la RLS (Réduction de Loyer de Solidarité), qui ponctionne 1,3 milliard d'euros par an sur la trésorerie des organismes HLM.
argent
Si on fait abstraction de l'évaporation des Cee depuis 10 ans, pour environ 1 milliard à 1 milliard et demie par an, soit un scandale qui va rejoindre celui du carbone, c'est une manière de tester la robustesse du dispositif anti fraudes, et souligner le travail de la DGCCRF qu'il faudrait démultiplier par 50, et ainsi avoir un fléchage à 100% sur les "vrais " précaires" sans niches grises (cf rapport parlementaire Nicole Bricq) comme depuis 10 ans, et tenter enfin de l'innovation en termes de massification de rénovation, et d'arrêter le bricolage au sens propre et figuré, car depuis quand un distributeur ou un quincaillier serait légitime pour garantir un processus qualité sur une rénovation globale ou par étapes ? il n'y a qu'en France que l'on fait ce type de projections futuristes. La réforme pour ne rien réformer, on prend les mêmes et on recommence mais à l'envers, histoire de ne toucher à aucune répartition....