"Le diagnostic concernant Adoma fait plutôt consensus", a expliqué M. Arbouet, directeur général d'Adoma, citant trois rapports d'audit, l'un de la Mission interministérielle d'inspection du logement social (Miilos), les deux autres réalisés respectivement à la demande de l'ancienne direction et des syndicats.
"On a un besoin de financement particulièrement élevé", dû notamment au "retard pris sur l'entretien du parc", à la "dégradation du taux d'occupation" et à la "dérive des frais généraux", détaille-t-il.
Compte tenu de l'urgence de la situation, la Société nationale immobilière (SNI), son deuxième actionnaire, filiale de la Caisse des dépôts (CDC), et Solendi, un organisme collecteur du 1% logement, lui ont versé chacun 15 millions en décembre dernier et vont y ajouter 10 millions chacun en mars.
M. Arbouet souhaite maintenant "arrêter ces dérives et cette hémorragie". Pour ce faire, a été défini un plan de sauvegarde, qui prévoit la suppression de 260 postes sur 2 ans, soit 10% environ des effectifs, dont 140 via des départs naturels et 120 par le biais d'un plan de départs volontaires. "On s'est engagé à ce qu'il n'y ait pas de casse sociale, pas de licenciement sec", a assuré M. Arbouet.
Deuxième volet du plan, Adoma entend céder environ 9% de son parc, soit 6.334 logements, dont 1.600 logements locatifs, répartis sur 193 résidences. Parallèlement, Adoma entend investir un milliard d'euros sur dix ans pour la rénovation de son parc, un apport financé par les revenus que dégagera l'établissement, a expliqué son directeur général.
Le projet a été transmis aux instances représentatives du personnel et un comité d'entreprise extraordinaire doit se tenir mercredi sur le sujet. M. Arbouet assure que ce plan n'aura pas pour conséquence de réduire le spectre des missions d'Adoma."L'ambition, c'est bien de renforcer et de sécuriser les missions sociales d'Adoma", dit-il, ajoutant que "pour cela, l'Etat a besoin d'un opérateur durablement équilibré".
Principal opérateur national de logements sociaux à destination des publics fragilisés, l'ex-Sonacotra, devenu Adoma en 2007, a été créé en 1957 pour loger les travailleurs algériens et résorber les bidonvilles.
Source : batirama.com