"Le texte doit être déposé mardi au Conseil d'Etat pour une présentation en Conseil des ministres la première quinzaine de juillet", a déclaré le ministre délégué à la Ville François Lamy. "J'espère un examen au Parlement à l'automne".
Le ministre avait annoncé dès l'été son intention de recentrer son action sur les quartiers les plus défavorisés pour éviter le saupoudrage des quelque 500 millions d'euros de son budget.
La réforme avait déjà été envisagée en 2009, mais le gouvernement de François Fillon avait dû reculer face à la fronde des élus locaux qui ne voulaient pas perdre de précieux subsides. La réforme n'avait "pas été finalisée, faute de courage politique", a déploré François Lamy.
Pour éviter une nouvelle bronca des élus avant les élections municipales, il a mené une large concertation sur les critères à retenir pour dessiner la nouvelle carte. "Les discussions ont conduit à mettre en avant un critère unique (...): la part de population à bas revenus", a-t-il annoncé.
Une analyse fine - par zone de 200 m2 - permettra de mettre en avant les territoires où la moitié de la population a moins de 60% du revenu fiscal médian. Exit les autres critères: existence de grands ensembles, part de chômeurs, de jeunes, etc. qui prévalaient pour la définition des dispositifs précédents.
La nouvelle carte devrait, selon François Lamy, "rétablir la vérité" sur les quartiers populaires: entre les "banlieues" des grandes agglomérations urbaines et les zones rurales, il y a "une France urbaine en milieu rural, une France périurbaine, une France ultramarine" qui ont aussi des difficultés, a-t-il dit.
Guéret dans la Creuse (photo) ou Auch (Gers) devraient ainsi entrer dans la nouvelle liste, qui ne sera pas rendue publique avant l'été. En revanche, la ville du ministre, Palaiseau (Essonne), pourrait en sortir.